Michel

Michel

Si ce nom procure un air de déjà-vu, pas la peine de s'y fier. Michel est aussi unique que son patronyme semble familier.

Tout comme les vrais espions, sa musique vient du froid: un bloc de deep house venu d'Europe de l'Est percé par un rap français, dans lequel il a choisi de placer sa foi. Un style en dessous de zéro qui l'installe déjà comme le futur de l'électro, au pays des antihéros.
Élevé près de Valenciennes, c'est en fait en Belgique, aux Beaux-Arts, qu'il trace une première voie. Technique, inédite, sans suite. Un train plus tard et quelques illusions laissées derrière, c'est à Paris qu'il entame une école d'ingénieur du son, où des grands noms de la scène passent aux crible du studio sous ses yeux. Pourquoi pas lui, après eux? Doté d'un flow contaminé par une dance soviétique dont il reflète l'ivresse froide, Michel se lance. De son éducation musicale il retient le jeu et ses mots, une diction unique, arme personnelle pour développer son storytelling qui fait s'entrechoquer les histoires du quotidien. Le tout dans des virages serrés, souvent au second degré, à l'image du titre ?Mal Agi?, manifeste en hommage aux défaites, ou encore ?J'me barre?, comme le point d'une ligne de fuite dont il est difficile de trouver la sortie.
Sa musicalité et son sens du détail pourraient déjà le mener vers les comparaisons, reflet
potentiel de la nouvelle garde du rap français. Mais attention aux analogies faites à la hâte. Michel disperse toutes envies de rapprochements, si ce n'est lors d'une nuit en solitaire, justement. Sur un dancefloor aux allures de mur de fer, où une tension synthétique teintée de mélancolie éclairent la suite. Écrite en cyrillique.